Le blog des Jeunes Radicaux de Gauche
7 oct
Depuis plusieurs années1 , les JRG se battent pour que le gouvernement agisse en faveur de l’accès des étudiants au crédit. Les parlementaires Radicaux de Gauche ont plusieurs fois relayé cet appel2 .
Le recours au prêt étudiant est une mesure pertinente pour permettre à certains jeunes de financer une partie de leurs dépenses estudiantines.
Tout particulièrement ceux dont les parents ne peuvent ni financer leurs enfants, ni fournir de garantie solvable suffisante auprès des banquiers. Car le système actuel dit de prêt étudiant n’en a jamais été un. Derrière l’intitulé se dissimule un prêt onéreux réservé aux parents bénéficiant d’une situation financière confortable.
Agir sur l’accès aux outils bancaires incarne surtout une solution de complément à un système de bourse qui doit rester le pilier de l’aide sociale étudiante. Les JRG seront donc extrêmement vigilants à ce que le système anglais de crédit n’inspire pas le gouvernement. Il s’agit en effet pour les Britanniques d’un système lié à la fin de la gratuité des études et où les prêts ont remplacé les bourses sociales3 . Face à la hausse constante des frais d’inscription en France, l’inquiétude est légitime.
Mais notre déception à l’égard de l’annonce de la réforme du prêt étudiant annoncée par Valérie Pécresse, dépasse notre préoccupation de maintien d’un système qui corrige les inégalités des chances. En effet sur le fond, le projet proposé n’assure en rien l’efficience de ce type de prêt.
Tout d’abord, aucun dispositif n’a été imaginé pour que l’accès au crédit soit de droit pour tous les étudiants et apprentis quelles que soient leurs ressources. La garantie publique n’empêchera t’elle pas une sélection, un filtrage, opéré par les organismes bancaires ? Ensuite, ce prêt n’est pas le crédit à taux 0 que nous réclamions. L’Etat s’engage à le subventionner à 70% via Oséo contre 30% pour les banques et organismes de crédit partenaires. Ces derniers, annoncent des taux variant de 3,5 à 4,5 %….
En outre, il devrait être envisagé un plafonnement du crédit qui varie selon les frais inhérents à l’activité de l’étudiant. Un apprenti parisien peut subir des frais bien plus élevés qu’un étudiant en sciences humaines en région…
Car l’enjeu du remboursement est capital. Les études anglaises montrent qu’il est courant que des jeunes prolongent le remboursement de leur crédit étudiant sur plus de quinze annuités…
Cyril Mourin
Vice Président JRG
1 Notamment « Faire évoluer les conditions d’accès au “crédit étudiant” »- Communiqué JRG décembre 2006 et « Une nouvelle approche sociale l’université » Janvier 2008
2 « Conditions d’accès au crédit des étudiants »Question de Joél Giraud , Février 2008
3 Voir notamment « L’action publique dans les ressources financières étudiantes en France et en Angleterre depuis les années 80 : bourses et prêts » – Mémoire M2 POTEPSE- Paris X Nanterre
14 jan
Plaidoyer pour une révolution culturelle dans l’approche sociale des études supérieures.
Les Jeunes Radicaux de Gauche estiment qu’une révolution culturelle est à mener sur l’appréhension de l’effort de l’Etat en faveur des étudiants. Plusieurs points attirent notre attention.
Tout d’abord, au niveau des aides. Le système actuel des bourses sur critères sociaux est socialement injuste, économique inefficace et, extrêmement mal géré. Son organisation institutionnelle est à revoir. Par exemple, une refonte complète de l’organisation des CROUS doit être réalisée. Leur fonctionnement doit être rationnalisé afin que tous les versements puissent être réalisés dés la rentrée étudiante. La progressivité des aides doit être la règle, afin que la prise en compte des revenus parentaux ne conduise pas à discriminer injustement certaines familles. Il ne doit plus être possible qu’un jeune de moins de 25 ans ne bénéfice même pas de revenus équivalents au RMI. De même, les revenus étudiants du travail ne doivent pas être pris en compte dans le calcul des bourses, à concurrence des 1040 heures annuelles.
Ensuite, il est aisé de constater que l’autonomie est régulièrement évoqué, mais sa finalité et son cadre beaucoup moins. Au sein de chaque site universitaire, un service de placement bénéficiant de moyens conséquents doit être efficient. Il aura pour mission de concentrer les offres d’emplois destinées aux étudiants pour financer leurs études mais également d’être leur interlocuteur privilégié dans leur recherche de stages.
De même, ces stages attirent périodiquement l’attention médiatique quand les abus récurrents sont mis en avant. Toutefois, encadrés, ils demeurent un outil d’insertion porteur. Les JRG demandent que tous les diplômes d’un niveau supérieur à la licence comportent un module d’apprentissage par alternance dans la cadre d’un contrat rémunéré par l’employeur. De nombreuses solutions existent pour intéresser les employeurs à ce type de démarches : incitations fiscales, bénéfices tirés d’une formation interne, promotion extérieure… Le régime des stages devra donc être imaginé de telle manière qu’une rémunération digne soit prévue sans obligation de durée. Le recours au stage serait alors un vrai choix stratégique et non un moyen de s’offrir une main d’œuvre qualifiée gratuitement !
Enfin des solutions nouvelles sont à imaginer en matière de recours à l’emprunt. Un véritable « crédit étudiant » à taux zéro garanti pourrait être mis en œuvre par l’Etat. Son remboursement n’interviendrait qu’à compter de l’obtention d’un emploi stable. Cette modalité incarnerait, pour certains profils, une solution adéquate.
Les JRG souhaitent que l’ensemble des partenaires sociaux participent à la réflexion sur l’avenir estudiantin, sans sectarisme, en prenant en compte les particularismes des différentes branches professionnelles et pédagogiques. Un véritable témoignage de confiance envers la jeunesse, au service de la croissance et de la justice sociale, qui peine malheureusement à intéresser le gouvernement Sarkozy.
Cyril Mourin,
Trésorier des JRG
JRG
13, rue Duroc
75 007 PARIS
01 45 66 67 68
infos@riposte-radicale.org
23 nov
Alors que l’université Rennes-2 est bloquée depuis la semaine dernière, les Radicaux de gauche tiennent à affirmer que l’autonomie et la modernisation de la gouvernance des universités constituent la base d’une meilleure gestion des établissements français, qui doivent, par ailleurs, trouver leur place au sein de l’espace européen d’enseignement supérieur.
La contestation autour de la loi LRU masque en réalité les vrais problèmes auxquels notre enseignement supérieur doit face faire : l’insertion professionnelle des jeunes, les conditions d’études, et le logement étudiant.
Le budget alloué à l’enseignement supérieur doit être réévalué à la hausse, dans l’urgence, de manière notamment à ce que le fossé entre universités et grandes écoles soit comblé.
Les Radicaux de gauche rappellent que les organisations étudiantes représentatives ont obtenu des garanties lors de la préparation de la loi LRU : absence de sélection à l’entrée en premier cycle, encadrement strict des frais d’inscriptions, refus d’un statut à la carte pour les établissements.
Dès lors, les modalités d’action choisies ne peuvent que discréditer les initiateurs et les meneurs du mouvement. Pour les Radicaux de gauche, l’interdiction, par la contrainte, de l’accès à des lieux de connaissance et de formation professionnelle ne peut être une solution acceptable.
Etablir une république de la connaissance tournée vers l’avenir, porteuse d’emplois et de solidarités, était le véritable enjeu de la réforme de la gouvernance et de la gestion universitaire. Le rendez-vous est une nouvelle fois manqué.
Yvan Trellu
Délégué régional, Jeunes Radicaux de Gauche de Bretagne
9 nov
Communiqué des Jeunes Radicaux de gauche
Université : une réforme risquée couplée à une absence d’ambition budgétaire
L’autonomie des universités constitue une orientation nécessaire à une meilleure gestion des universités françaises qui doivent, par ailleurs, trouver leur place au sein de l’Europe de l’enseignement supérieur. Toutefois, comme souvent, l’étiquette du projet présenté ne reflète par le fonds de la réforme proposée.
Laïques et républicains, les JRG constatent que le projet de loi sur l’autonomie portée par Valérie PECRESSE institue la mise sous influence de l’enseignement supérieur vis-à-vis des acteurs économiques. La place accordée aux représentants du monde entrepreneurial est trop grande, alors que celle des étudiants et du personnel pédagogique régresse. Le pouvoir mis entre les mains du Président d’université, s’il peut être compris, est trop peu encadré par le conseil scientifique et le conseil d’étude, pour permettre un fonctionnement équilibré entre toutes les composantes de l’Université française.
Solidaires et humanistes, nous ne pouvons pas accepter l’atteinte proférée contre l’égal accès à l’université sur des critères non méritocratiques. Un certain nombre de gardes fous, indispensables à cette ouverture de l’Université aux capitaux privés, ne sont pas mis en place. Ainsi, il importe que tout financement privé soit délié d’une filière précise et soit attribué à
l’ensemble des formations proposées. Le montant des frais d’inscriptions doit être encadré. Les financements publics doivent être modulés sur des critères de qualité de l’offre : maintien d’une pluridisciplinarité réelle et maîtrise des écarts d’investissements entre filières.
Le niveau global de financement de l’État doit être en outre être réévalué à la hausse dans l’urgence. La situation du logement étudiant et les déceptions du Plan ANCIAUX n’en sont qu’un exemple.
Toutefois, les Jeune Radicaux de Gauche regrettent que des collectifs étudiants en soient amenés à bloquer des universités. Même si les JRG ne voient dans ces blocages que la conséquence de la méthode gouvernementale employée, l’interdiction, par la contrainte, de l’accès à des lieux de connaissance et de formation professionnelle ne peut être une situation satisfaisante.
Établir une république de la connaissance tournée vers l’avenir, porteuse d’emploi et de solidarités, était le véritable enjeu de la réforme de la gouvernance et de la gestion universitaire. Le rendez-vous est une nouvelle fois manqué.
Paris,
Le 9 novembre 2007.
Contact : infos@riposte-radicale.org
JRG/PRG
13, rue Duroc
75007 PARIS