Radicalement!

Le blog des Jeunes Radicaux de Gauche

01/11/2008-[18:01] – AFP

PARIS, 1 nov 2008 (AFP) – Des dizaines de militants et sympathisants du collectif Jeudi Noir, qui dénonce la crise du logement, ont brièvement occupé samedi un immeuble vide pour inciter la ministre du Logement Christine Boutin à effectuer des réquisitions, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Auparavant, ils avaient participé à une manifestation avec des militants associatifs du syndicat étudiant Unef, du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et des Jeunes radicaux de gauche (JRG) place de la Bourse (IIe), pour dénoncer la crise financière. Les participants avaient tendu une banderole noire devant le Palais Brongniart, site historique de la Bourse, sur laquelle on pouvait lire “Là, vous avez merdé les mecs”. Ils se sont livrés à une bataille de pavés en mousse en se jetant à la tête les noms de grands patrons et figures du libéralisme économique. Une partie des manifestants, emmenée par Jeudi Noir, s’est ensuite rendue dans un immeuble inoccupé appartenant au groupe Costes au 85, avenue Kléber (XVIe). Entrés dans les lieux vers 15H30, ils en sont sortis environs deux heures plus tard, mais restaient en début de soirée devant l’immeuble, face aux policiers, a indiqué à l’AFP un des membres du collectif, Jean-Marc Delaunay. Le bâtiment était vide, avec les “planchers défoncés pour éviter qu’il ne soit squatté”, a-t-il relevé.

Par cette action, Jeudi Noir entendait rappeler à la ministre la possibilité, qu’elle avait elle-même évoquée il y a un an, de réquisitionner des logements en cas de besoin. “Mme Boutin a promis a nouveau, elle a même demandé à Jeudi Noir de lui signaler des bâtiments vides ! Mais n’est pas davantage passée à l’action. Alors, samedi 1er novembre, Jeudi Noir remet le couvert pour lui montrer une fois de plus la marche à suivre, et vous invite à la fête !”, expliquait le collectif dans un communiqué annonçant son action.

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  • Les JRG constatent avec regret et répulsion l’expulsion de l’Impasse, immeuble vide réquisitionné par le collectif Jeudi Noir dans le 3e arrondissement de Paris, afin notamment d’alerter sur la coexistence du logement précaire et du logement vacant. Une quarantaine de personnes dont 6 enfants habitaient ce lieu depuis 2 mois, lieu qui était alors inoccupé depuis plus de 10 ans.

    Sur place, Romain Rocher (militant JRG) nous a fait part des nombreuses interrogations du collectif jeudi Noir sur la validité de la procédure suivie par la Préfecture de police dans le cadre de cette expulsion.

    Une réaction est nécessaire et nous appelons tous les jeunes qui se sentent concernés à soutenir le collectif Jeudi Noir en se rendant au croisement de la rue de Turenne et de la rue St claude, au Métro Saint-Sébastien froissart.

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  • Sont déjà signataires : la Cé, fac verte, les JCR, les jeunes radicaux de gauche, les jeunes verts et le MJS.

    “Marre d’habiter dans 15m2 pour 700 euros ? Marre de travailler au McDo pour payer tes études et d’investir les trois quarts de tes revenus dans ton loyer ? Marre d’habiter à 2 heures de transport de ta fac ?

    Nous avons décidé de ne plus nous laisser faire… Aujourd’hui la crise du logement nous empêche d’étudier et de travailler sereinement. Pourtant, 136.000 logements sont inoccupés à Paris, et la France compte 2 000 000 de logements vacants, selon l’Insee. On parle d’autonomie des universités mais il est bien plus urgent de se préoccuper de l’autonomie des jeunes. On nous donne le choix : la « génération Tanguy », obligée de rester chez ses parents pour pouvoir étudier, ou l’enchaînement des emplois sous-payés et abrutissants pour payer des loyers déraisonnables.

    Il faut mettre fin à la galère du logement des jeunes et forcer les pouvoirs publics à changer de cap.

    Le gouvernement vend les HLM, laisse des milliers de bâtiments vides et refuse le contrôle des loyers. Bref il avantage encore et toujours les propriétaires et entretient la spéculation et la bulle immobilière via des mesures inflationnistes : que valent les pauvres 155 millions d’euros annuels du plan « logement étudiant » de Pécresse en face des 4,5 milliards de baisse d’impôts pour les propriétaires ? Entre-temps, nos frigos restent désespérément vides.

    Les jeunes en ont assez de payer la bulle immobilière. Le « droit des propriétaires à s’enrichir » ne doit pas passer avant nos conditions de vie !

    C’est pourquoi Jeudi Noir appelle les jeunes et les moins jeunes, tout ceux concernés par la galère de logement, à se mobiliser. Les militants venant d’aucun parti ni d’aucune organisation, ou venant de tout bords, de gauche comme de droite, les farouches comme les timides, doivent se rassembler autour de ces simples, mais décisives revendications -si mises en œuvre toutes ensemble. Arrêtons les demi-mesures !

    - Application de la loi SRU : 20% de (vrais) logements sociaux, l’inéligibilité pour les maires qui ne font aucun effort pour respecter la loi, et la mise sous tutelle par la préfecture de leur politique du logement.

    - Doublement, et application aux bureaux, de la taxe sur les logements vacants.

    - Application de la loi de réquisition de 1945.

    - La construction massive de Cités U’, et la rénovation des vieilles cités sans augmentation de loyer. Aujourd’hui, seulement 1 étudiant sur 13 a accès à une chambre universitaire. Les autres, s’ils ne sont pas aidés par leur famille, doivent travailler pour payer un loyer, et, de fait, hypothèquent leurs chances de réussite scolaire. Pour commencer, il faut rattraper le retard pris dans la construction de Cités U’ prévu dans le plan Anciaux

    - Vérifier régulièrement la situation des locataires du parc social ; quadrupler les surloyers de solidarité ; donner congé aux locataires du parc social qui ont une résidence secondaire. Le parc social n’a pas vocation à loger les millionnaires.

    - Gel des loyers. Les loyers ont atteint des sommets inégalés. Nous demandons donc leur blocage temporaire, pour donner un peu d’air aux locataires. Il est question d’aligner l’indice de référence des loyers (IRL) sur l’inflation. Mais cela ne règlera rien : l’inflation est forte, et les loyers à la relocation ne sont toujours pas encadrés. C’est pourtant là que se concentrent les hausses les plus importantes. Pour les appartements qui ont connu un changement de locataire en 2006, l’augmentation de loyer a été de 7,3 % en moyenne. Bien entendu, ce sont les jeunes, plus mobiles, qui trinquent à nouveau !

    - Le cautionnement solidaire (GRL) doit s’appliquer à tous et remplacer les cautions actuelles. De plus, pour ne pas être une simple garantie des loyers chers, cette mesure doit être conditionnée à un contrôle des loyers.

    - Une limitation simple et claire des pièces justificatives qu’un bailleur peut demander à un candidat. Il doit être formellement interdit au bailleur d’outrepasser ses droits en exigeant plus de papiers que nécessaire.

    - Moduler la taxe d’habitation en fonction des ressources.

    - Elargissement des critères sociaux donnant accès aux bourses d’études, et que l’Etat verse cet argent non plus en janvier ou février, mais dès la rentrée universitaire.

    - Refiscalisation des intérêts d’emprunts immobiliers et des plus-values immobilières.

    - Pas de demi-mesures c’est aussi pas d’expulsions sans relogements, pas de privatisation du livret A, car cette libéralisation menace la principale source de financement des logements sociaux. Mais aussi, arrêter de brader du patrimoine immobilier de l’Etat, au mépris de la loi du 13 juillet 2006 « portant engagement national pour le logement » (ENL). Plutôt que vendre, il faut en faire du logement social, d’urgence, comme durable.

    Nous continuerons d’interpeller l’opinion publique par des actions festives et médiatiques. Si les pouvoirs publics ne prennent pas les mesures nécessaires, nous appliqueront nous-mêmes la loi de réquisition. Nous ré-ouvrirons des Cité U en réquisitionnant des immeubles laissés vides par leurs propriétaires, à l’image de la cité universitaire “Valérie Pécresse” ouverte le 12 octobre 2007 et fermée par une intervention musclée et illégale de la police cinq jours plus tard.

    Doit-on attendre d’être propriétaires pour que se règlent nos galères de logement ?

    Les solutions existent, soyons réalistes, exigeons le « tout devient possible ». Nous voulons juste étudier sans précarité.”

    Joins toi à cet appel en signant la pétition sur jeudi-noir.org !

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