Le blog des Jeunes Radicaux de Gauche
17 jan
À l’heure où le gouvernement agite le débat sur l’identité nationale au risque de figer une définition rétrograde du « bon Français », nous exprimons le souhait que la France de demain soit une France ouverte sur le monde, curieuse, respectueuse de l’autre et d’autant plus que nous avons la conviction que la richesse de notre société ne survivra pas à cette vision étriquée.
La politique migratoire actuelle du gouvernement réduit les individus à des chiffres, déshumanise et criminalise les étrangers en situation d’irrégularité administrative. Pas une semaine ne se passe sans que la figure de l’étranger soit érigée par le Ministre de l’Identité nationale au rang de nuisible, de responsable de tous les maux dont souffre notre société. Loin de toucher les seuls « sans papiers », la suspicion est jetée sur tous les étrangers. Mariage blanc, mariage gris (et demain bleu ?), regroupement familial, travail, étudiants, toutes les situations sont exploitées pour stigmatiser la figure de l’autre.
Cette vision atteint également les immigrés légaux car, dans la logique du bouc émissaire, la conséquence est la suspicion généralisée et la dégradation du vivre ensemble. En plus d’être indigne envers les étrangers qui résident sur notre territoire, cette politique a des conséquences graves sur les ressortissants français qui ne correspondent pas au « prototype du bon Français ».
Pour expulser 30.000 personnes par an, les forces de l’ordre procèdent à des centaines de milliers d’interpellations et à un nombre encore plus important de contrôles d’identité qui, chiffre oblige, sont faits au faciès. En outre, demain, ce sont des Français qui désirent s’unir avec des étrangers qui connaîtront les pires difficultés à faire reconnaître ces unions. Alors, ne nous y trompons : accepter que les droits des étrangers soient en régression, c’est accepter que chacun puisse être touché dans sa vie citoyenne et publique par la même régression de la liberté de vivre, de se côtoyer, de s’aimer.
Nous demandons à ce que les étrangers ne soient plus pris en otage par les visées électorales, qu’ils ne servent plus à détourner l’attention de bilans difficiles à justifier. Les apprentis sorciers qui jouent avec ces thématiques peuvent d’ores et déjà constater que les seuls fruits de cette politique de la peur sont une montée des idées d’extrême droite propres à fissurer le lien social. Ce que nous demandons, c’est de pouvoir vivre dans un pays qui respecte ses propres principes. Et pour cela, le gouvernement doit mettre fin à la politique du chiffre en matière d’expulsions d’étrangers. C’est l’honneur de la République de ne pas céder aux sirènes du populisme. Nos responsables politiques se montreront-ils honorables ?
Premiers signataires : SOS Racisme, FIDL, UNEF, Macaq, UNL, Confédération étudiante, Jeunes Radicaux de Gauche Jeunes Communistes, Jeunes Verts
7 nov
Interview d’Eric KRABGE, délégué JRG Val d’Oise, délégué JRG Ile-de-France suppléant
« Monsieur HORTEFEUX fait des annonces provocantes sur les mineurs délinquants mais reste très silencieux sur les moyens mis à disposition. »

Le Ministre Brice HORTEFEUX a déclaré le 3 novembre dernier réfléchir à l’instauration d’une sorte de « couvre feu » pour les mineurs « délinquants » de moins de 13 ans non accompagnés d’un adulte. Qu’en penses-tu ?
Eric KRAGBE (EK) : Cette idée est pour le moins très surprenante. Tout d’abord, nous sommes quand même en droit de nous interroger sur la présence de mineurs aussi jeunes non accompagnés dans les rues tard le soir. Je parle ici de tous les mineurs. Si nous devons tous nous mobiliser, c’est pour que de jeunes mineurs ne se promènent tout seul dans les rues à des heures tardives. C’est avant tout pour sa propre sécurité avant celles des autres !
Lui parle de mineurs « délinquants »
EK : Qu’est-ce qu’un « mineur délinquant » pour le Ministre de l’Intérieur ? Est-ce quelqu’un qui va commettre un délit ou quelqu’un qui a commis un délit et qui a été condamné pour cela ? Dans le premier cas, le Ministre ne fait pas grand cas de la présomption d’innocence. Dans le second cas, il sous-entend que tous sont des récidivistes. Que des « mineurs récidivistes » circulent non accompagnés tard le soir est donc un aveu d’échec à travers le constat de la non effectivité des lois soi-disant de lutte contre la délinquance. Et puis, il ne semble pas beaucoup considérer le travail réalisé par les différentes structures socio-éducatives, qui prennent en charge les mineurs dont il parle, malgré le manque de moyens.
Mais le nombre de délits commis par de mineurs augmentent ?
EK : Oui c’est vrai mais, il faut noter que seulement 10% des délits commis par des mineurs le sont par des mineurs de moins de 13 ans. La lutte contre la délinquance juvénile doit faire partie d’une politique globale et non pas faire l’objet des mesures spécifiques qui apparaissent comme des mesures « gadgets » et discriminantes. Ce n’est pas comme cela que le gouvernement sera efficace en matière de sécurité.
Une telle mesure est-elle applicable ?
EK : Je ne crois pas. D’ailleurs Monsieur HORTEFEUX fait des annonces provocantes sur les mineurs délinquants mais reste très silencieux sur les moyens mis à disposition pour pouvoir mettre en œuvre une telle décision. Sur le terrain, les forces de l’ordre manquent cruellement de moyens pour faire leur travail. Les effectifs de la police et de la gendarmerie sont décimés par la règle gouvernementale du « « non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ». De ce fait, il leur est difficile de lutter efficacement contre la délinquance. Dans un tel contexte, les imaginer contrôler tous les mineurs non accompagnés afin de savoir leur âge ou s’ils ont commis un délit auparavant, avant de les reconduire chez eux. Tout cela me semble être difficilement réalisable.
30 août
Intervention d’Olivier MAILLEBUAU, Président des JRG au cours de l’Université d’été du MJS à La Rochelle, le 28 août 2009.
Chers amis,
C’est un réel plaisir d’être parmi vous aujourd’hui et je remercie Antoine pour son invitation ainsi que l’ensemble de vos responsables fédéraux qui prennent régulièrement des initiatives aux cotés des Jeunes Radicaux de Gauche.
A l’heure où la politique, pour prendre une métaphore sportive, est réduite à un mercato de personnalités,
A l’heure où les ambitions partagées, où les convictions communes, s’estompent derrière l’Etat spectacle, le thème que vous avez choisi pour l’ouverture de votre université d’été me semble des plus justes.
Oui parlons de la Jeune gauche. Pas de ces actions initiées à l’orée d’élections pour lesquelles le parti dominant à Gauche viendrait à douter de sa capacité à gagner seul. Non ! Parlons de la Jeune gauche qui a des projets, de la Jeune gauche de combat qui fonctionnera si elle est construite par toutes les facettes du progressisme et de l’humanisme.
Cette initiative s’inscrit, nous le savons tous bien ici, dans le temps. La Jeune gauche correspond depuis quelques années déjà non pas à un idéal unitaire mais à un objectif d’efficacité, de responsabilité et de réactivité. Ce n’est pas la première fois que nous abordons cette question c’est d’actualité, dans le sens des réflexions sur les Primaires.
Il est nécessaire de mettre la Jeune gauche en perspective avec les Primaires à gauche. En effet, les discussions sur la façon dont les partis de gauche doivent s’organiser pour gagner 2012 font l’actualité. Nous constatons aussi que les lignes bougent
Les Radicaux de gauche assument cette problématique qu’ils défendent depuis les dernières présidentielles. Nous en avons d’ailleurs fait un projet de loi dès 2006. Nous, JRG, souhaitons des primaires ouvertes, les plus ouvertes possibles. Elles doivent autant permettre une problématique programmatique, un projet de société qu’une candidature. C’est une chance, peut être unique, de lancer une démarche de rassemblement, de victoire tout en luttant contre l’individualisme et la personnification dont Nicolas Sarkozy ne manquera pas de faire œuvre.
Mais, chacun doit prendre ses responsabilités. Sur la jeune gauche, je ne me cacherai pas pour dire clairement que vous, jeunes socialistes, avez une part de responsabilité importante. Nous estimons, sans faux-semblant, que les organisations de jeunesse qui assument des ambitions importantes et qui ont les moyens de les assumer, ont une responsabilité centrale, celle de rassembler.
Le rassemblement poursuit un réel objectif. Ce n’est pas inviter le partenaire pour remplir une réunion publique, faire bonne figure sur le papier et se contenter d’afficher nos bannières et logos en bas de tracts tout en se disant « pourvu qu’il y ait des médias ».
Le rassemblement, c’est écouter l’autre, considérer son point de vue et accepter ses particularités. Et ce même si, sur certains aspects, ces particularités dérangent.
Le rassemblement, c’est avancer. Dans la confiance, en laissant une marge de manoeuvre suffisante à chacune de nos formations afin d’adhérer à un projet commun sans renier ses particularités et postulats. Il n’est pas question ici de créer une structure qui se substituerait, il s’agit de construire des méthodes de travail transversales.
Rassembler ce n’est pas dénaturer mais cela nécessite de se comprendre. C’est contribuer à créer les conditions de ce dont la gauche a le plus besoin : une dynamique.
Faudra-t-il toujours des défaites, des échecs, des crises, des situations difficiles pour se poser la question du “comment mieux travailler ensemble ?“ Il en est de notre responsabilité, de la vôtre également. Si nous, organisations de jeunesse politique progressistes, nous n’arrivons pas à constituer, au plus vite, des bases de travail communes satisfaisantes, nous nous condamnons soit, à attendre que d’autres prennent d’autres initiatives ailleurs, soit, à renoncer à assumer nos projets de société.
Sommes-nous respectueux de la jeunesse de notre pays lorsque nous n’arrivons pas à casser nos murs d’habitudes et d’archaïsme, lorsque nous refusons d’innover, de prendre des risques ? Je ne le pense pas.
En plus, la Jeune gauche, du moins telles que nous la concevons, c’est une méthode nous permettant d’être plus réactifs et d’attirer l’opinion publique sur les problématiques qui justifient que nous militons. Oui, notre responsabilité, c’est de faire de la jeune gauche un acte militant !
D’ailleurs, il suffit de regarder notre manière d’aborder l’actualité récente pour constater que nos points de convergence sont fédérateurs.
- N’existe-il pas des mesures de gauche efficace et partagée par nous tous pour lutter contre la crise ?
- Ne sommes-nous pas tous scandalisés par la politique sécuritaire et migratoire menées de manière outrancière pas Nicolas Sarkozy ?
- Ne sommes-nous pas dans la rue pour défendre une protection sociale universelle, moderne et intergénérationnelle ?
- Notre système éducatif n’est-il pas mis en danger par des réformes forcées sans moyens budgétaires conséquents ?
- Ne déplorons-nous pas que la majorité des décisions gouvernementales répondent aux attentes d’une minorité de privilégiés ?
- Existe-il un bilan d’actions qui se seraient éventuellement produites durant la présidence française de l’Union Européenne ?
- La laïcité positive n’est-elle pour nous tous une atteinte grave aux fondements de notre République ?
- Francois Fillon découvrant les algues vertes fin août 2009 ne nous fait-il pas tous sourire ?
Il n’y a pas de réponse toute faite ni de définition parfaite à ce que doit être “la jeune gauche”, à ce doit être une démarche d’union des jeunes de gauche !
Si je suis là aujourd’hui, c’est parce que les faits sont têtus et que la constitution d’une alternative partagée peut être imposée par les urnes mais peut surtout être construite, aujourd’hui, avec nos idées.
Les choses bougent, les données évoluent. La jeunesse souffrent toujours de l’urgence sociale.
Nous avons la possibilité, entre organisations de jeunesse politique de gauche, de porter d’une manière plus globale les idéaux communs à nos projets de société. Personne n’a de vérité révélée en la matière !
Prenons ce risque, osons ce travail commun.
Montrons l’exemple aux responsables politiques de nos partis respectifs.
Démontrons que c’est possible, par la sincérité et le détachement de notre engagement.
Agissons ensemble et je suis persuadé que l’avenir nous donnera raison.
27 août
« Les JRG défendent l’instauration d’une fiscalité environnementale contraignante et globalisée »

Le Sommet de Copenhague restera comme une étape incontournable de la lutte contre le réchauffement climatique. Un événement d’autant plus central que d’autres défis environnementaux comme la raréfaction des ressources naturelles ou les diverses pollutions y sont connexes. Les JRG se saisissent de cette occasion pour proposer une orientation radicale permettant de répondre à ces défis. Dans la continuation de leur appel à l’instauration d’un Statut du réfugié climatique, les JRG défendent l’instauration d’une fiscalité environnementale contraignante et globalisée.
Les dernières avancées internationales en matière de lutte contre le réchauffement climatique demeurent insuffisantes et incomplètes. Le Protocole de Kyoto en 1997 (ratifié par 172 pays à l’exception notable des Etats-Unis) n’incluait pas de fiscalité environnementale. Des objectifs de réduction des émissions des gaz à effet de serre1 avaient été fixés mais ils n’ont pas été atteints. Il convient donc aujourd’hui de repenser les outils d’actions internationaux et de les adapter à l’augmentation du nombre de pays partenaires.
Les JRG estiment prioritaire la réduction des émissions contributives à la source. Cette démarche doit s’accompagner d’une politique internationale exigeante en matière de normes de protection environnementale, de régulation et d’autorisation de production telle que pratiquée par l’Union Européenne. Une véritable police sanitaire et environnementale semble ici nécessaire. Par ailleurs, ces mécanismes nécessiteront l’établissement d’un financement démocratiquement controlé.
La nécessité de réguler les émissions de gaz carbonique est suffisamment urgente et impérieuse pour justifier l’existence de réponses contraignantes. Les JRG défendront la création d’une taxe sur les activités productrices d’effet de serre (essentiellement le CO²) au cours du Sommet de Copenhague.
Cette fiscalité ne devra pas altérer l’efficience de la libre entreprise et du libre échange ni affecter les acteurs économiques, en terme de pouvoir d’achat ou d’investissement. A ce titre, les JRG demandent la mise en place d’un système de redistribution équitable et efficace du produit de cette taxe environnementale.
Afin de permettre des négociations équilibrées et universelles, les JRG demandent à ce qu’aucune discrimination ne soit effectuée dans la détermination des parties habilitées à négocier à Copenhague. Ainsi, nous considérons comme indispensable que le Forum international des peuples indigènes sur le changement climatiques (IIPFCC) soit reconnu comme partie habilitée à négocier au même titre que l’Union Européenne, les USA, le G 8 ou encore le G 20.
Les JRG anticipent le Sommet de Copenhague comme un accélérateur des différentes initiatives nationales ou régionales relatives à la taxation des contributions au réchauffement climatique ou à la fixation d’un « prix sur le carbone ». D’ailleurs, une taxation internationale permettrait d’éviter des ajustements fiscaux nationaux par le biais notamment de mesures protectionnistes2.
1 fixés à 5,2% en moyenne pour la période 2008-2012 (par rapport au niveau de 1990) et pour 38 pays industrialisés
2 Une convergence fiscale dans l’Union Européenne, s’appuyant sur des décisions d’harmonisation prises à la majorité des Etats membres, serait également un facteur positif.
2 juil
Le Parti Radical de Gauche du Pas-de-Calais, le Cercle PRG d’Henin Beaumont, les Jeunes Radicaux de Gauche du Nord-Pas-de-Calais appellent d’une seule voix les Héninois et Beaumontois à voter pour la liste Alliance Républicaine conduite par Daniel Duquenne lors du second tour des élections municipales.
Daniel Duquenne est évidemment pour nous le seul candidat tête de liste respectant les valeurs de la République et les citoyens de sa commune sans arrière pensée électoraliste mais œuvrant à l’intérêt général.
Il est le seul à pouvoir tourner la page d’Hénin Beaumont pour en ouvrir une nouvelle, plus saine et plus appropriée tout en maintenant les valeurs de gauche primordial pour l’avenir des héninois.
- Kévin Neuville , Délégué Régional JRG Nord Pas de Calais
- Eric Mouton, Responsable du cercle PRG d’Hénin Beaumont
- Olivier Maillebuau, Président des JRG
- Pierre Georget, Président du PRG Pas de Calais
17 mai
Chers amis,
Le mandat du délégué JRG Ile-de-France (et de son suppléant) arrive à terme. Nous tenons à remercier le délégué JRG sortant, Cyril MOURIN pour l’exemplarité, l’intensité et la constance de son engagement. Fidèle à sa feuille de route initiale, il ne se représentera d’ailleurs pas.
Blog, journal fédéral, réunions, actions terrains notamment durant les municipales et enfin coordination ont permis à la fédération régionale JRG d’avoir sa part de responsabilité dans l’augmentation du nombre des adhérents JRG franciliens et dans le développement de son influence. Nous associons son suppléant, Paul-André MOULY (désormais élu à Montrouge) à ces remerciements ainsi que les responsables fédéraux JRG concernés.
Il est désormais temps de procéder à de nouvelles élections. Elles auront lieu le jeudi 28 mai à 18 H 45 au siège du PRG (rue Duroc). Chaque membre recevra une convocation, un appel à candidature et un descriptif de la procédure de vote. Chaque fédération départementale PRG sera également contactée afin de procéder à la vérification des listings d’adhérents.
En commençant par l’Ile-de-France, les JRG initient donc leur mouvement d’actualisation de leurs délégations régionales statutaires afin de contribuer au maximum à soutenir les fédérations départementales et régionales PRG dans leur démarche militante quotidienne mais également dans le cadre de la préparation des élections régionales de 2010. Nous harmoniserons notre calendrier en fonction des initiatives du PRG en la matière.
Pour le Bureau National des JRG.
Olivier MAILLEBUAU
Président des JRG
14 fév
Le Parti Radical de Gauche s’inquiète du risque supplémentaire d’affaiblissement du système obligatoire de protection sociale, l’Etat voulant se défausser sur les complémentaires santé.
Il préconise à nouveau de donner priorité au « parcours de santé » suggéré et d’ailleurs mis en place par les mutuelles de santé, dont l’application, pourrait être l’occasion d’accorder un « bonus » aux praticiens comme aux citoyens qui le respecte.
Il rappelle son souhait de mise en place à la fois d’une forte politique de prévention et d’une modernisation des réseaux publics de soins, d’une meilleure coopération public/privé particulièrement dans les zones trop « désertées », d’une politique plus raisonnée des médicaments, pour de véritables agences régionales de santé.
Thierry JEANTET, vice Président du PRG
3 fév
Jeunes Radicaux de Gauche : « il est nécessaire d’en passer par le Traité de Lisbonne »
Le Taurillon : Vous êtes le président des Jeunes Radicaux de Gauche. Si vous êtiez député ou sénateur, voteriez-vous pour la ratification du traité de Lisbonne ?
Olivier Maillebuau : Le référendum du 29 mai 2005 sur le traité établissant une constitution pour l’Europe a été à la fois un formidable exercice démocratique et un traumatisme. Ceux qui proclamaient à tort qu’un Plan B existait ont une lourde responsabilité. Très rapidement, la construction européenne fut bloquée, notamment du fait des conséquences institutionnelles de la politique d’élargissement. Sa relance est nécessaire.
Pour s’attarder un instant sur la procédure relative à la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, n’oublions pas que tout parlementaire assume son mandat en tant que représentant du Peuple français. Bien évidemment, ce déroulement est frustrant et j’appréhende un éventuel effet « boomerang » populaire du fait des similitudes avec le texte référendaire. Toutefois, ce Traité n’est pas un projet constitutionnel. En conséquence, je soutiendrai les parlementaires qui voteront, le 4 février 2008, le projet de loi constitutionnelle portant modification du Titre XV de la Constitution (préalable à une ratification du traité européen de Lisbonne par voie parlementaire). Ensuite, je soutiendrai ceux qui voteront la ratification du traité de Lisbonne les 6 et 7 février 2008.
Le Taurillon : Quels sont les éléments les plus positifs de votre point de vue dans le traité de Lisbonne ?
Olivier Maillebuau : Il faut relancer la construction européenne et reconstruire un projet ambitieux qui fasse à nouveau rêver les citoyens ! Il est regrettable que les symboles européens que sont le drapeau, l’hymne, la devise et la journée de l’Europe soient exclus de la mouture de Lisbonne, alors que ces éléments, tout comme l’euro, contribuent fortement à identifier l’Union européenne auprès de ses citoyens comme du reste du monde. De plus, il est également inquiétant de constater les dérogations accordées au Royaume-Uni et à la Pologne en ce qui concerne l’applicabilité de la Charte des droits fondamentaux.
Le traité de Lisbonne est un texte a minima mais il est nécessaire d’en passer par là, d’autant que les avancées sont réelles, au-delà de la relance d’une certaine dynamique. Ainsi, pour ne citer que certains points, j’évoque aisément l’acquisition d’une valeur juridique par la Charte des droits fondamentaux ; les éléments de rationalisation institutionnels, une forme de démocratisation de la prise de décision, la création du poste de Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, la création d’un poste de Président du Conseil européen avec un mandat de 2 ans et demi et l’instauration d’un droit d’initiative européenne.
Je relève également avec un plaisir particulier l’instauration d’une « Clause sociale » qui permet d’exiger la prise en compte des exigences sociales dans toutes les politiques de l’Union.
Enfin, même si les délais de mise en oeuvre sont éloignés du fait de quelques concessions saupoudrées, les évolutions dans les systèmes de vote sont à relever.
Le Taurillon : Est-ce que la classe politique en faveur du Oui se mobilise assez pour expliquer le traité de Lisbonne aux citoyens ?
Olivier Maillebuau : Ne nous voilons pas la face. Un réel déficit explicatif existe, ayant pour conséquence immédiate la lecture du texte à travers le prisme de la politique nationale. Les insuffisances démocratiques des institutions européennes sont un frein. La période pré électorale en est une des raisons. La complaisance médiatique à l’égard de l’État spectacle est par ailleurs un lourd frein pédagogique.
Toutefois, la responsabilité est collective. Les arrières pensées alimentent également les chemins de l’inertie. Prenons par exemple la problématique de l’intégration de la Turquie. Certains hommes politiques français émettent un « non » catégorique à son adhésion en arguant de certaines carences démocratiques.
Toutefois, parmi eux, combien évoquent le fait que le traité de Lisbonne permet une avancée en la matière, en ajoutant aux Critères de Copenhague le respect des « valeurs » de l’Union européenne ?
Je profite de votre tribune pour lancer un appel à la mise en place d’une réflexion collective sur le mode de scrutin pour les Elections européennes. Incontestablement, il y a un problème de représentativité avec la « construction » actuelle et le lien entre le Député européen et ses électeurs est distendu.
Le Taurillon : La Gauche semble divisée, notamment chez vos amis du Parti Socialiste. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ?
Olivier Maillebuau : Je ne me permettrai pas d’analyser le fonctionnement interne du Parti socialiste ou des autres partenaires progressistes.
En ce qui concerne les élus Radicaux de gauche et notamment nos 15 parlementaires (8 députés et 7 sénateurs), le fait que nous soyons le parti de la tolérance et de l’individu est bien évidemment une explication originelle des quelques divergences qui peuvent apparaître.
Pour moi, l’essentiel réside dans le fait que le bureau national du PRG, le 7 novembre 2007, a voté à l’unanimité en faveur du traité de Lisbonne. Il est également très important que les responsables nationaux des JRG soient aussi dans cette optique. Ceci est en cohérence avec notre vision ambitieuse et fédéraliste de l’Europe. Toutefois, ce vote n’est pas qu’une orientation prospective, il s’agit aussi de la confirmation, en toute cohérence, du positionnement qui fut le nôtre lors de l’échéance référendaire de 2005.
23 nov
Alors que l’université Rennes-2 est bloquée depuis la semaine dernière, les Radicaux de gauche tiennent à affirmer que l’autonomie et la modernisation de la gouvernance des universités constituent la base d’une meilleure gestion des établissements français, qui doivent, par ailleurs, trouver leur place au sein de l’espace européen d’enseignement supérieur.
La contestation autour de la loi LRU masque en réalité les vrais problèmes auxquels notre enseignement supérieur doit face faire : l’insertion professionnelle des jeunes, les conditions d’études, et le logement étudiant.
Le budget alloué à l’enseignement supérieur doit être réévalué à la hausse, dans l’urgence, de manière notamment à ce que le fossé entre universités et grandes écoles soit comblé.
Les Radicaux de gauche rappellent que les organisations étudiantes représentatives ont obtenu des garanties lors de la préparation de la loi LRU : absence de sélection à l’entrée en premier cycle, encadrement strict des frais d’inscriptions, refus d’un statut à la carte pour les établissements.
Dès lors, les modalités d’action choisies ne peuvent que discréditer les initiateurs et les meneurs du mouvement. Pour les Radicaux de gauche, l’interdiction, par la contrainte, de l’accès à des lieux de connaissance et de formation professionnelle ne peut être une solution acceptable.
Etablir une république de la connaissance tournée vers l’avenir, porteuse d’emplois et de solidarités, était le véritable enjeu de la réforme de la gouvernance et de la gestion universitaire. Le rendez-vous est une nouvelle fois manqué.
Yvan Trellu
Délégué régional, Jeunes Radicaux de Gauche de Bretagne
16 nov
Extrait de La Dépêche du Midi du 16 novembre 2007 :
Conseil national des Jeunes radicaux de gauche demain à Toulouse.
Olivier Maillebuau: « La réforme Pécresse est risquée »
Présidé par Olivier Maillebuau, le mouvement des Jeunes radicaux de gauche (JRG) décentralise son conseil national qui se déroule demain à Toulouse, dans l’Arche Marengo, en présence du président du PRG, Jean-Michel Baylet.
Tour d’horizon des sujets abordés.
- Réforme des universités.
« Cette réforme est risquée, couplée à une absence d’ambition budgétaire. Elle institue la mise sous influence de l’enseignement supérieur vis-à-vis des acteurs économiques. Les filières techniques pourraient être privilégiées au détriment des sciences humaines qui n’ont pas de débouché naturel dans le milieu de l’entreprise. Il faut développer les liens entre l’entreprise et l’université mais pas en sacrifiant la pluridisciplinarité. Par ailleurs, un certain nombre de garde-fous, indispensables à cette ouverture de l’université aux capitaux privés, ne sont pas mis en place. Le montant des frais d’inscription doit être encadré. L’Etat doit aussi réévaluer ses financements à la hausse, notamment pour le logement étudiant. On déplore cependant le recours à des blocages. On ne les condamne pas car la méthode Pécresse est mauvaise. Mais on regrette que l’accès à l’enseignement soit empêché par la contrainte. »
- Europe.
« Nous nous réjouissons de la position du PRG de soutenir le mini-traité. Nous aurions toutefois préféré qu’il contienne plus d’éléments de transfert de souveraineté pour construire un projet de société européenne qui fasse à nouveau rêver. Mais c’est une étape nécessaire pour surmonter le traumatisme de l’échec du référendum. »
- Jeunesse.
« Les valeurs radicales sont nécessaires à la jeunesse : une gauche moderne, pragmatique, fédéraliste, laïque, internationaliste, solidariste pour remettre l’individu au centre de l’action politique. Nous accueillerons d’ailleurs à Toulouse deux représentants des partis membres de l’International federation of liberal and radical youth, une structure internationale regroupant une cinquantaine de partis qui partagent ces valeurs. »
- Affichage électoral.
« Nous lançons une charte pour interdire l’affichage sauvage. On s’engage sur une éthique et une responsabilité. »